français
Français
Langue romane
Cet article concerne la langue française. Pour les autres significations, voir Français (homonymie).
Le français est une langue indo-européennede la famille des langues romanes. Le français s'est formé en France (variété de la « langue d’oïl », qui est la langue de la partie septentrionale du pays) et est aujourd'hui parlé sur tous les continents par environ 274 millions de personnes[1],[5] dont 212 millions l'utilisent quotidiennement, et 76 millions[2] à 77 millions[3] en sont des locuteurs natifs. En 2014, 77 millions d'élèves et étudiants s'instruisent en français dans le monde[6]. Elle est une des six langues officielles et une des deux langues de travail (avec l’anglais) de l’Organisation des Nations unies, et langue officielle ou de travail de plusieurs organisations internationales ou régionales, dont l’Union européenne. Après avoir été à l’époque de l’Ancien Régimefrançais la langue des cours royales et princières, des tsars de Russie aux rois d’Espagne et d'Angleterre en passant par les princes de l’Allemagne, elle demeure une langue importante de la diplomatie internationale aux côtés de l’anglais, de l'allemand et de l’espagnol.
FrançaisPaysPays dans lesquels le français est langue officielle ou administrative
Liste
Français comme langue officielle
Belgique
Bénin
Burkina Faso
Burundi
Cameroun
Canada
République centrafricaine
Tchad
Comores
Côte d'Ivoire
République démocratique du Congo
Djibouti
Guinée équatoriale
France
Gabon
Guinée
Haïti
Luxembourg
Madagascar
Mali
Monaco
Niger
République du Congo
Rwanda
Sénégal
Seychelles
Suisse
Togo
Vanuatu
Vatican
Français comme langue administrative ou culturelle
Algérie
Cambodge
Canada
Laos
Liban
Maroc
Maurice
Mauritanie
Tunisie
Viêt Nam
Français comme langue régionale ou à statut particulier
Jersey
Louisiane
Maine
Pondichéry
Vallée d'Aoste
Nombre de locuteurs274 millions de locuteurs (dont 212 millions l'utilisant quotidiennement en 2014)[1]
entre 76[2] et 77[3] millions de locuteurs natifsNom des locuteursfrancophonesTypologieSVO, flexionnelle, accusative, syllabiqueClassification par famille-langues indo-européennes-langues romanes-langues gallo-romanes-langues d'oïl-françaisStatut officielLangue officielle29 pays
et de nombreuses organisations internationalesRégi parAcadémie françaiseDGLFLFCommission d'enrichissement de la langue françaiseMission linguistique francophoneService de la langue française(Belgique)OQLF (Québec)Conseils supérieurs de la langue française (France, Belgique, Québec)Délégation à la Langue française (Suisse)[4] [non officielle]Codes de langueISO 639-1frISO 639-2fra, freISO 639-3fraÉtendueindividuelleTypevivanteIETFfrLinguasphère51-AAA-iWALSfreArticle premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.Carte![]()
Répartition du français dans le monde. Régions où le français est la langue maternelle Régions où le français est une langue officielle Régions où le français est une langue seconde Régions où le français est une langue minoritairemodifier ![]()
La langue française est un attribut de souveraineté en France, depuis 1992 « la langue de la République est le français » (article 2 de la Constitution de la Cinquième République française). Elle est également le principal véhicule de la pensée et de la culture française dans le monde. La langue française fait l’objet d’un dispositif public d’enrichissement de la langue, avec le décret du 3 juillet 1996 relatif à l'enrichissement de la langue française.
Particularité de la langue française, son développement et sa codification ont été en partie l’œuvre de groupes intellectuels, comme la Pléiade, ou d’institutions, comme l’Académie française. C’est une langue dite « académique ». Toutefois, l’usage garde ses droits et nombreux sont ceux qui popularisèrent cette langue vivante, au premier rang desquels Rabelais et Molière : il est d’ailleurs question de la « langue de Molière »[7].
Origines : vocabulaire et étymologieModifier
Article détaillé : Histoire de la langue française.
Formation du françaisModifier
La majorité du fonds lexical français provient du latin (en tant que langue-mère) ou bien est construit à partir des racines gréco-latines. De nombreux termes possèdent un doublon de même étymologie, l’un ayant évolué à travers les siècles à partir du latin populaire tandis que l’autre est emprunté directement au latin classique : métier/ministère, façon/faction, raide/rigide, froid/frigide, frêle/fragile, rançon/rédemption, raison/ration, poison/potion, chance/cadence, etc. Souvent l'invention de mots à partir d’un mot bien français passe par un emprunt à sa forme en latin classique : mère/maternel, frère/fraternel, cheveu/capillaire, foi/fidèle, œil/oculaire, sûr/sécurité, siècle/séculaire, etc.
On ignore jusqu’à quel point la langue gauloise a pu influencer le français. Son apport lexical se réduirait à une centaine de mots, tels que char/charrue, mouton, crème, dont une partie proviendrait d’emprunts du latin au gaulois. L’étymologie de ces expressions n’est d’ailleurs pas toujours assurée. Quant à son influence sur la syntaxe et la prononciation, elle est également indéterminée.
Le francique, en tant que superstrat, a laissé également quelques mots importants (gris, blanc, blond, bleu, etc.) et aurait fortement influencé la prononciation du roman du nord de la Gaule, autrement dit des langues d'oïl et du proto-français.
Ce proto-français, dialecte de langue d’oïlparlé en Île-de-France au Haut Moyen Âge, qui est à l’origine du français d’aujourd'hui, est parfois désigné par le terme francien. Mais celui-ci a été inventé en 1889 par Gaston Paris, un linguiste français, pour désigner ce dialecte médiéval qui très tôt, en fait, dès le xiie siècle avec l’essor de Paris, s’est enrichi des autres parlers d’oïl : normand, picard, lorrain, bourguignon. Le terme francien n’était pas utilisé par les gens qui le parlaient, puisqu’il était déjà nommé franceis puis françois (sans confusion possible car, à l'origine, le domaine royal du roi de France, partie du royaume de France sous contrôle direct du roi, se limitait à une partie de l’actuelle Île-de-France, et sa langue d’oïl locale, le françoys, était encore bien distincte de celle des autres régions environnantes non encore rattachées au royaume dont certaines sans allégeance à celui-ci). Avant le xiie siècle, il était question de roman ou de langues romanes, qui étaient plus ou moins mutuellement intelligibles. C’est pourquoi une désignation commune de langue(s) d’oïl a été donnée. Dès lors que ces dialectes devinrent moins mutuellement intelligibles, les locuteurs leur donnèrent le nom de picard, normand, wallon, françois, angevin, etc.
Le français parlé aujourd’hui tire son nom de cet ancien franceis, qui a évolué lentement vers un parler supra-régional à partir des xie/xiie siècles (franceis [frãntsëé] > françois [frãswé] > français [frãsé]. Les autres langues d’oïl disparurent petit à petit au fur et à mesure que le français prenait du prestige, mais aussi parce que les langues d’oïl étaient très proches du françois. Cela explique pourquoi, a contrario, malgré un recul encore constaté, les langues non romanes et les dialectes non d’oïl persistèrent ou résistèrent davantage : breton, occitan, alsacien, basque, flamand, corse, même si ces derniers ont eux aussi enrichi la langue française.
Emprunts plus récents, néologismes et évolution de l'orthographeModifier
Article détaillé : Emprunt lexical.
Les emprunts plus récents à d’autres langues sont assez nombreux : d’abord à l’anglais(même anciens : nord, sud), puis à l’italien, aux autres langues romanes, aux langues germaniques tels que l'allemand ou le néerlandais (ainsi boulevard vient du hollandais ou du flamand bolwerk). L’arabe a fourni, et fournit encore quelques mots : chiffre, coton, amalgame, amiral, sucre, alcool, algèbre, toubib, bled, etc.[8].
La linguiste Henriette Walter estime à moins de 13 % (soit 4 200 mots[9]) la part des mots d’origine étrangère dans la langue française courante parmi les 35 000 mots que comporte un petit dictionnaire d’usage. Ces mots viennent pour 1 053 d’entre eux de l’anglais, 698 de l’italien, 544 de l’ancien allemand, 481 des anciennes langues gallo-romanes, 215 de l’arabe, 164 de l’allemand, 160 de l’ancien celtique, 159 de l’espagnol, 153 du néerlandais, 112 du perse (ancien persan) et du sanskrit, 101 des langues amérindiennes, 89 de diverses langues asiatiques orientales (dont le chinois ou le japonais, mais aussi certaines langues mon-khmères), 56 de diverses langues afro-asiatiques, 55 de langues slaves ou baltes et 144 d’autres langues diverses (dont les langues malayo-polynésiennes ou langues nigéro-congolaises)[10].
Toutefois, cette proportion relativement faible d’emprunts dans le vocabulaire courant ne rend pas compte de la pénétration de termes en anglo-américain dans le domaine des affaires, où les États-Unis exercent une forte domination, domaine par ailleurs très stratégique[11].
De nombreux néologismes ont également été formés à partir de mots grecs ou latins. Peuvent être cités mètre, gramme, phobie et leurs dérivés (kilomètre, milligramme, etc.), ainsi que des mots plus récents comme cinéma, logiciel, domotique, etc.
D’autres sont des calques ou des adaptations de l’anglais, par exemple baladeur inventé pour remplacer l’anglais walkman et discman.
De nombreux néologismes ont également été inventés pour se substituer aux mots anglais, comme :
informatique, inventé en 1962, mot-valiseformé par contraction des deux mots information et automatique ;pourriel, pour remplacer spam[Note 1].
Certains néologismes ont été conçus en Amérique du Nord, où l’Office québécois de la langue française est très actif :
courriel, pour remplacer e-mail[Note 2] ;clavardage, pour remplacer chat[Note 3] ;baladodiffusion, pour remplacer podcasting[Note 4] ;livrel ou bouquineur, pour remplacer liseuse[Note 5].
Certains néologismes sont parfois plutôt utilisés dans les provinces francophones du Canada et leur diffusion en France ou ailleurs peut être plus ou moins répandue.
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